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4. Stabilisation de la cadence
Ce projecteur a pour inconvénient une mauvaise stabilité en vitesse, particulièrement en mode de projection « Normal » quand le levier à 3 mouvements est sur cette position (la cadence peut être alors réglée entre 6 i/s environ et 24 i/s environ).
L’instabilité de vitesse est provoquée par une charge mécanique variable du moteur, causée par les frottements irréguliers de défilement du film et de rotation des bobines débitrices et réceptrices, et elle est aggravée par les frottements internes des différentes poulies et courroies de transmission, et surtout par la résistance interne trop importante de l’alimentation électrique. En effet, le moteur qui entraîne toute la mécanique est du type à courant continu, et il est alimenté à partir d’un enroulement 35V du transformateur abaisseur, via un pont redresseur à diodes double alternance, un circuit de commutations, et surtout, un rhéostat de 40 Ohms branché en série pour faire varier la cadence de projection.
La cadence est plus stable en utilisant la fonction de ralenti (levier à 3 mouvements sur « slow ») pour une vitesse de projection de 6 images par seconde, ce qui permet une capture par getdups() en mode -1 ou -2 (dans StudioTransfert, onglet « Caractéristiques du système et du film », indiquer « Argentique < 8 i/s »). Mais cela consomme beaucoup d’espace disque lors de la création du fichier vidéo, et nécessite énormément de temps pour les transferts.
Avant de s’attaquer aux variations de charge, il faut essayer de diminuer la charge mécanique interne du moteur : démonter et dégraisser tous les pignons, la vis sans fin et la came d’entraînement de la griffe avec de l’essence F (par exemple, le détachant de la marque « eau rouge vif »), puis tout rehuiler à l’huile de machine à coudre sauf les transmissions par ressort qu’on peut se contenter d’essuyer. Rehuiler légèrement les deux pièces qui permettent la rotation des axes porte-film en roue libre dans un seul sens. Quant aux paliers de l’axe de transmission, ils semblent affreusement difficiles à démonter, on n’y touchera pas.
Nota : pour le nettoyage, ne pas utiliser de chiffon ou de coton dans les pignons, une vieille brosse à dents à poils nylon fait bien l’affaire.
Il existe plusieurs facteurs de perturbation de vitesse sur ce projecteur :
- problème dans l’alimentation et/ou dans le moteur électrique. Pour le vérifier, enlever la courroie torique de la gorge de la poulie moteur et de la gorge de la poulie du mécanisme, mettre la commande de vitesse à fond, puis enclencher le projecteur et écouter le bruit du moteur. Il ne doit y avoir aucune variation de vitesse, sauf quand on allume la lampe. Faire varier la commande de vitesse et vérifier que le bruit du moteur se stabilise immédiatement. Si l’un de ces tests n’est pas correct, remplacer l’alimentation interne par une alimentation stabilisée réglable. Si c’est pareil, vérifier le contacteur à 5 position (nettoyer les contacts), tout le circuit électrique, et le moteur lui-même.
- à-coups dans la courroie moteur. L’entraînement de la poulie par le moteur doit être impeccable. Vérifier si de l’huile ou du gras ne s’est pas déposé sur la courroie moteur, au besoin essuyer cette dernière, ainsi que l’intérieur de la gorge de la poulie moteur, avec un chiffon imbibé d’essence F.
- à-coups dans le système d’entraînement des bobines. Le mouvement de rotation est transmis aux bobines par deux courroies à ressort, c’est à dire de ressorts très longs rebouclés sur eux-mêmes. Lorsqu’un point d’accrochage du ressort d’une courroie passe dans la gorge d’une poulie de renvoi, il se produit un petit à-coup. Et lorsqu’on provoque artificiellement une charge moteur supplémentaire en freinant l’axe de la bobine réceptrice, la courroie-ressort se tend avec un petit retard, ce qui provoque un quasi-arrêt de la rotation des poulies de renvoi, et puis l’accrochage des poulies sur la courroie-ressort reprend et le mouvement de rotation aussi, mais avec un régime du moteur très perturbé durant ces phases transitoires. On peut réduire les petits à-coups dus au passage des points d’accrochage des ressorts dans la gorge d’une poulie de renvoi, en raccourcissant cet accrochage. Démonter la courroie en repérant son montage, et décrocher les 2 bouts. Avec une pince long-nez, saisir une extrémité du ressort sur la boucle d’accrochage juste avant l’endroit où démarrent les spires du ressort et maintenir fermement la pression pour ne pas risquer de glisser et d’écraser le ressort. Avec une autre pince long-nez, saisir la boucle d’accrochage, et l’ouvrir légèrement. Puis reformer une boucle plus courte en imprimant un mouvement de rotation à la pince. Raccrocher les 2 extrémités du ressort, puis réduire de même l’autre boucle d’accrochage à l’autre extrémité du ressort. S’assurer que les spires sont dans la même continuité de part et d’autre du point d’accrochage :

- le montage du rhéostat en série avec l’alimentation amplifie la perturbation causée par les à-coups de transmission. En effet, lors de ces derniers, la conservation d’une vitesse stable demande plus d’intensité dans le moteur. Or, cette augmentation d’intensité conduit à une augmentation de la chute de tension dans le rhéostat, et donc à une baisse de tension aux bornes du moteur, en fonction de la résistance du rhéostat. Cette baisse est moins marquée si la commande de vitesse est au maximum (résistance du rhéostat =0), et plus la commande de vitesse est basse plus la baisse de vitesse sera marquée. Les fils d’alimentation du moteur peuvent également avoir un effet négatif si leur section est trop faible. On peut donc améliorer considérablement la stabilité de vitesse en montant une alim stabilisée, mais à condition de ne pas laisser le rhéostat en commande de vitesse ! Choisir une alim stabilisé 29V pour avoir une plage de réglage de vitesse identique à celle d’origine (une alim de fax 24V à tension rendue variable et boostée en 29V fait l’affaire) :

Puis remonter le tout et vérifier la disparition des à-coups.
Il est indispensable de raccourcir le cordon de sortie de l’alim stabilisée avant d’y adapter une fiche mâle. Puis débrancher les fils connectés aux 2 sorties du pont redresseur double alternance du projecteur (entouré en rouge ci-dessous) :

Les rebrancher sur un connecteur femelle correspondant à la fiche mâle. Attention à bien vérifier la polarité, pour éviter que la marche avant ne se transforme en marche arrière ! On peut laisser connectés les fils provenant de l’enroulement 35V du transfo aux 2 entrées du redresseur. Fixer ce connecteur femelle au capot plastique du projecteur, à côté du connecteur au cordon d’alimentation. Puis débrancher les 2 fils connectés au rhéostat et les relier ensemble. De la sorte, le rhéostat devient disponible pour rendre l’éclairage variable afin de faire travailler l’ouverture de l’APN dans sa meilleure plage.
